mercredi 4 avril 2018

Enregistrement de chants parachutistes par le chœur de l’UNP-Centre



Ce jeudi 29 mars 2018 a été un grand jour pour les choristes du chœur régional UNP de la région Centre regroupant des adhérents des sections de Dreux, Chartres, Orléans, Blois,  Versailles et Paris. Réunis à la Chapelle Royale Saint Louis de Dreux, 39 d’entre eux accompagnés à l’orgue par Alissa ont réussi l’enregistrement audio d’un CD qui comportera 24 chants (13 religieux et 11 parachutistes). Ce CD devrait pouvoir être proposé au congrès national de l’UNP de Vannes-Meucon les 1er  et 2 juin prochains.

Il s’agit d’un très beau résultat qui est le fruit de répétitions assidues depuis plus de 3 ans à Dreux et à Orléans.  Les participants peuvent être fiers de leur travail, de leurs efforts et de leur constance. Commandé par un éditeur, l’enregistrement a été effectué par des preneurs de son professionnels. Il a commencé à 8h30 le matin pour s’achever vers 21h15 – soit presque 13 heures d’affilée – dans la Chapelle royale où la température n’a jamais dépassé les 5 degrés. Heureusement qu’une équipe de camarades et d’épouses dirigée par Daniel Berteaux a pu réconforter les uns et les autres avec une soupe chaude de qualité et bienvenue et des sandwichs lors de deux pauses.
Ce bel aboutissement choral ira bien  au-delà de notre région. Nous le devons à notre chef de chœur, Gérard Eiselé, à sa compétence musicale professionnelle, à son exigence, à son sens de la pédagogie, à sa passion pour le monde parachutiste et à ses chants. Il a bénéficié du soutien de Thierry Bouzard, docteur en histoire, chercheur passionné et auteur d’une anthologie des chants militaires. Le mérite est à partager avec Gérard Palais, le président de notre section de Dreux qui a initié et suivi sans relâche et avec persévérance les très nombreuses répétitions en sentant bien le bénéfice de cohésion et de rayonnement qu’une telle œuvre pouvait apporter à la vie de nos sections.
Le répertoire de ce CD comporte plusieurs singularités. Les chants religieux ont été adaptés à des mélodies parachutistes bien connues. « Para Bigeard descendu dans le vent » chant du 3e  RPC Algérie et « Djebels », deux chants oubliés et jamais enregistrés sont ressortis des tiroirs et pourront passer à la postérité pour les plus jeunes générations de paras. Quelques anciens s’en souviennent encore comme notre ami Hubert Penault. 
Que tous les participants, choristes ou non, soient remerciés pour leur engagement et leur enthousiasme. A ces remerciements, il convient d’associer la Fondation Saint-Louis qui a mis à notre disposition non seulement la Chapelle Royale de Dreux mais également les locaux chauffés de l’ancien évêché pour les deux pauses casse-croûtes. On y ajoutera bien évidemment notre organiste Alissa qui a accompagné avec le sourire nos chants jusqu’au bout de cette très longue journée ainsi que les deux preneurs de son, heureux d’être parmi nous et qui ont dit leur plaisir de travailler en notre compagnie. Enfin, on ne saurait oublier Gilles Allard,  le chef de musique de La Loupe, trompettiste de talent, qui est venu enregistrer en solo plusieurs titres de sonneries militaires et Bob Sokolowski qui a lu le poème déjà bien lointain « Les roses des parachutistes ».
Michel MARNEUR 
Source ICI

mercredi 14 mars 2018

Les instruments de musique oubliés ont la cote





Cabrette, serpent, ophicléide, bugle, basson… Non, ces termes ne désignent pas des espèces animales en voie de disparition, mais des instruments de musique vieux de plusieurs siècles. Tombés dans l’oubli, ils reviennent en force dans les orchestres et font frissonner les salles des ventes. En exclusivité, retour sur ces pièces qui ont la cote à travers la dispersion samedi 7 avril 2018 à Vichy et sur le Live d’Interencheres de deux collections d’instruments à vent…

Les instruments historiques intègrent les orchestres

De la Philharmonie parisienne au Konzerthaus de Berlin, l’orchestre Les Siècles, sous l’égide du chef François-Xavier ROTH, s’est donné un défi dès 2003 : jouer chaque répertoire sur les instruments historiques appropriés, mettant ainsi en perspective plusieurs siècles de création musicale. Depuis, la méthode a fait des émules et les plus grands musiciens l’adoptent, soucieux d’approcher au plus près les couleurs et le son originels de chaque morceau. « Ce regain d’intérêt a été initié par la redécouverte de la musique baroque. Ensuite, les musiciens se sont mis à jouer la musique romantique et celle des autres époques avec les instruments d’origine », explique Bruno KAMPMANN, expert en instruments à vent.
Dès les années 1950, les chefs d’orchestre et musiciens Gustav LEONHARDT, Nikolaus HARNONCOURT, Sigiswald KUIJKEN, suivis de Ton KOOPMAN ou encore Jordi SAVALL, s’emparent d’anciens clavecins, violoncelles, violes de gambe, ou diapasons et remettent à l’honneur les œuvres de BACH, HAENDEL, VIVALDI, et BUXTEHUDE. A rebours du progrès permanent, ils affirment ainsi un retour aux sources et préfèrent à l’interprétation moderne, une restitution dans la plus pure tradition. Un nouveau dogme qui gagne désormais le marché des instruments anciens, marqué par des prix croissants, touchant notamment les instruments de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

Un marché particulièrement dynamique

« Ce marché est particulièrement actif, avec un public qui s’est diversifié ces dernières années », commente Maître Etienne LAURENT qui dispersera aux enchères le 7 avril à Vichy deux collections importantes d’instruments à vent : un ensemble de pièces anglaises et une autre collection, plus hétéroclite, comprenant aussi bien des guitares qu’un clavecin, des flûtes ou des harpes. Une vente qui témoigne du nouveau dynamisme du marché. « On retrouve notamment un cor naturel HALARY  (lot N° 360) estimé à 6 000 euros qui rappelle à quel point la demande est forte pour ce type d’instrument. Ils sont très rares et ils coûtaient moitié moins il y a encore sept ou huit ans », détaille l’expert Bruno KAMPMANN. Le cor naturel apparaît au XVIIIe siècle pour remplacer le cor de chasse (dit « cor baroque ») et animer les soirées mondaines. Il inspire alors les compositeurs romantiques les plus illustres, à l’image de Johannes BRAHMS (1833-1897) qui s’en fait le grand défenseur lorsque naît le cor à pistons au cours du XIXe siècle. Finalement remplacé à l’aube du siècle suivant, il connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. « Les cornets (petits cors) à pistons du XIXe sont eux aussi très recherchés. Ils permettent de rejouer la musique romantique de BERLIOZ (1803-1869) notamment. » Dans la vente du 7 avril, un cornet à trois pistons de KOHLER (lot N° 320) est ainsi estimé 2 500 euros.

La redécouverte d’instruments tombés en désuétude

L’engouement autour de ces instruments d’époque est tel que les facteurs actuels se mettent à les copier. « Le serpent par exemple est très à la mode, j’en joue d’ailleurs moi-même et des copies modernes sont aujourd’hui fabriquées, confie l’expert Bruno KAMPMANN. Celles-ci ont eu tendance à faire baisser les prix des pièces anciennes au cours des dix dernières années, mais leur cote a toujours été particulièrement soutenue et elle commence à remonter. Pour un serpent ancien de bonne qualité, il faut donc compter autour de 4 000 euros en fonction de l’état, et davantage s’il s’agit d’une pièce exceptionnelle. » Le 7 avril, seront ainsi proposés un serpent droit en laiton (lot N° 286) estimé 2 500 euros et un autre en forme de S, daté du XVIIIe et estimé 2 000 euros. « Le serpent fut créé au début du XVIIe siècle pour accompagner les chœurs d’église, avant d’être employé à la fin du XVIIIe siècle pour les chants militaires et révolutionnaires. C’est un instrument grave, à embouchure comme le tuba. Il a été peu utilisé dans la musique classique, mais mis à l’honneur dans une des œuvres majeures de BERLIOZ, la Symphonie fantastique de 1830. »
Au XIXe siècle, le serpent est remplacé par l’ophicléide, un instrument métallique muni de clés, permettant de jouer avec une plus grande justesse. Il est alors très employé dans la musique militaire, d’harmonie et de fanfare jusqu’à la Première Guerre mondiale où il est troqué pour le tuba à pistons, plus maniable.  « L’ophicléide connaît aujourd’hui un regain d’intérêt et la demande pour les pièces anciennes est très forte car, au contraire du serpent, peu de copies modernes sont fabriquées, explique l’expert. Les prix grimpent et rejoignent ainsi ceux du serpent qui coûtait plus cher jusqu’alors. Il faut aujourd’hui compter autour de 3 000 euros pour acquérir un bon ophicléide, alors qu’il y a encore sept-huit ans il se vendait autour de 1 000 euros, quand un serpent s’envolait à 5 000 euros. » En témoigne, une pièce exceptionnelle de la vente du 7 avril (lot N° 305), estimée 4 000 euros. « Elle fut fabriquée par le grand facteur lyonnais TABARD et elle est pourvue d’une étonnante tête de dragon, un décor très apprécié au XIXe siècle », précise Maître Etienne LAURENT. Un autre ophicléide très rare du facteur anglais GLYDE (lot N° 310) sera également mis aux enchères, estimé à 1 000 euros.

Des prix qui explosent pour les pièces les plus rares

« Parmi les instruments à vent, ce sont les instruments aigus tels que les trompettes, les flûtes, ou les clarinettes, qui restent les plus collectionnés, poursuit l’expert Bruno KAMPMANN. Leurs prix ont connu un léger infléchissement, mais ils remontent ces dix dernières années. » Toutefois, le marché des instruments anciens, jouet de l’offre et de la demande, est soumis aux mêmes règles que les autres : la rareté fait le prix. « La vente du 7 avril propose de nombreuses pièces très rares telles qu’un clavecin estimé à 15 000 euros (lot N° 95) ou une trompe de chasse (lot N° 355) qu’on ne trouve habituellement que dans les musées. Cette dernière fut fabriquée par la famille CHRESTIEN qui est justement l’inventeur de l’instrument. Elle est estimée 5 000 euros, mais elle pourrait bien s’envoler… », détaille Maître Etienne LAURENT. Le commissaire-priseur de Vichy voit souvent passer des pièces exceptionnelles et rarissimes, à l’image d’un basson fin XVIIIe adjugé en juin 2012 à plus de 70 000 euros. Sa vente du 7 avril sera une nouvelle occasion de prendre le pouls d’un marché en pleine expansion…

Source : Vichy enchères

jeudi 8 février 2018

8 février 1807, un musicien genevois participe à la boucherie d'Eylau

Le 8 février 1807 se déroulait la sanglante bataille d’Eylau, aujourd’hui Bagrationovsk, dans l’oblast de Kaliningrad. Les 35.000 hommes de la Grande Armée emmenés par Davout, Soult, Augereau, Murat et Ney sont épuisés par onze jours de marche dans la neige. Face à eux, 72.000 Russes et Prussiens sous les ordres de Bennigsen, Bagration et Barclay de Tolly. Les pertes sont considérables : dix mille tués ou blessés chez les Français, douze mille morts et quatorze mille blessés Russes et Prussiens. Un Genevois, Jean-Louis Sabon, né en 1791, surnommé “Petit Louis” participe à l’affrontement. Sabon était alors musicien et deviendra plus tard chef de musique dans le 69e régiment de ligne. Voici la description qu’il fait de cette boucherie :
J’avais 16 ans à peine, j’étais donc susceptible plus que d’autres, d’éprouver à la vue d’un pareil massacre une impression profonde, qui fit que j’en perdis le besoin de boire et de manger, et que je ne sentis plus la fatigue que j’éprouvais. Au bout de peu de temps je repris mon insouciance ordinaire, et je revis tout en beau comme par le passé. Quoique j’eusse sous les yeux un tableau hideux, dégoûtant, monstrueux ; il neigeait avec cela, puis il dégelait. On voyait là couchés plus de soixante bataillons carrés qui avaient été hachés par la mitraille et aussi par des charges de la grosse cavalerie des russes ; chacun était mort à son poste, depuis le soldat jusqu’aux serre-file, sergents-majors et officiers. La plupart des curieux reconnaissaient dans les morts des “pays”, des enfants de son village, des amis du collège”.

Notre “Petit Louis” va heureusement ensuite des jours paisibles dans une garnison de Silésie. Après la chute de l’Empire, il sert le roi Louis XVIII, toujours comme chef de musique puis à nouveau l’Empereur. Au moment de Waterloo, comme tous les musiciens, il est appelé à s’occuper des blessés. Fait prisonnier par les Prussiens, il est rapidement libéré. Il reprend du service  en France au sein du 1er Régiment suisse de la Garde royale de Louis XVIII au sein duquel une compagnie genevoise est commandée par le capitaine Frédéric-Louis Rilliet-Necker. Après d’innombrables péripéties au moment de la révolution de juillet 1830, “Petit-Louis” rentre à Genève dans les premiers jours de 1831. Les autorités militaires genevoises lui confient le 26 février 1832 la direction de la Musique militaire du Premier District, forte de 40 hommes. Dès cette époque aucune fête ou solennité genevoise n’est organisée sans que l’on mît sur pied la “Musique Sabon”, l’ancêtre de notre Landwehr actuelle – Orchestre d’Harmonie de l’Etat de Genève.
Source ICI

jeudi 11 janvier 2018

L'OTAN adopte un hymne officiel

Ce mercredi (3 janvier 2018), l'OTAN a, pour la première fois de son histoire, adopté un hymne officiel. L'« hymne de l’OTAN » a été composé par le capitaine André Reichling, chef de musique de la Musique militaire luxembourgeoise, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’Organisation, en 1989. Il a depuis été joué à plusieurs reprises, notamment à la dernière réunion en date des chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance, en mai 2017. 



Les premières propositions d'hymne remontent à la fin des années 1950. En 1958, Thomas Hildebrand Preston (Royaume-Uni) a composé une marche solennelle destinée à saluer l'arrivée de dignitaires au siège de l'OTAN, à Paris. En 1959, lors de la parade organisée pour célébrer le dixième anniversaire de l'Organisation, un orchestre et un chœur ont interprété un « chant de l'OTAN », dont la mélodie avait été composée par Hans Lorenz, capitaine dans l'armée de l'air allemande, et les paroles écrites par le capitaine Stephanus van Dam (Pays-Bas) et par Leon van Leeuwen (États-Unis). En 1960, Sir Edward Chilton, général de corps aérien dans l'armée britannique, a proposé un hymne pour l'OTAN, basé sur un arrangement du commandant J. L. Wallace combinant les hymnes nationaux des quinze pays qui formaient l'Alliance à l'époque. La pièce composée par le capitaine Reichling en 1989 est celle qui a eu le plus de succès et elle s'impose, près de trente ans plus tard, comme l'hymne de l'OTAN.
L'« hymne de l'OTAN » approuvé par le Conseil de l’Atlantique Nord ne comporte pas de paroles. Il a été écrit pour vingt instruments : un piccolo, une flute, un hautbois, trois clarinettes, trois saxophones, deux cornets, deux trompettes, un cor, un cor baryton, trois trombones, un tuba et une caisse claire. 
 Source : OTAN