jeudi 11 janvier 2018

L'OTAN adopte un hymne officiel

Ce mercredi (3 janvier 2018), l'OTAN a, pour la première fois de son histoire, adopté un hymne officiel. L'« hymne de l’OTAN » a été composé par le capitaine André Reichling, chef de musique de la Musique militaire luxembourgeoise, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’Organisation, en 1989. Il a depuis été joué à plusieurs reprises, notamment à la dernière réunion en date des chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance, en mai 2017. 



Les premières propositions d'hymne remontent à la fin des années 1950. En 1958, Thomas Hildebrand Preston (Royaume-Uni) a composé une marche solennelle destinée à saluer l'arrivée de dignitaires au siège de l'OTAN, à Paris. En 1959, lors de la parade organisée pour célébrer le dixième anniversaire de l'Organisation, un orchestre et un chœur ont interprété un « chant de l'OTAN », dont la mélodie avait été composée par Hans Lorenz, capitaine dans l'armée de l'air allemande, et les paroles écrites par le capitaine Stephanus van Dam (Pays-Bas) et par Leon van Leeuwen (États-Unis). En 1960, Sir Edward Chilton, général de corps aérien dans l'armée britannique, a proposé un hymne pour l'OTAN, basé sur un arrangement du commandant J. L. Wallace combinant les hymnes nationaux des quinze pays qui formaient l'Alliance à l'époque. La pièce composée par le capitaine Reichling en 1989 est celle qui a eu le plus de succès et elle s'impose, près de trente ans plus tard, comme l'hymne de l'OTAN.
L'« hymne de l'OTAN » approuvé par le Conseil de l’Atlantique Nord ne comporte pas de paroles. Il a été écrit pour vingt instruments : un piccolo, une flute, un hautbois, trois clarinettes, trois saxophones, deux cornets, deux trompettes, un cor, un cor baryton, trois trombones, un tuba et une caisse claire. 
 Source : OTAN

mercredi 20 décembre 2017

Boutique du Musée de l’armée : la musique a disparu

Patrimoine immatériel, les enregistrements de musique et de chants militaires ne sont plus proposés aux visiteurs du Musée de l’armée. Si internet permet de trouver de nombreux titres en ligne, il est néanmoins difficile d’accéder à des présentations rationnelles des répertoires, qui sont de plus assez mal connus. Début 2016, une nouvelle salle a été consacrée à la musique militaire, signe de l’intérêt qu’elle représente pour les conservateurs du musée qui programme depuis de nombreuses années de soirées musicales. Mais pour des raisons, bien compréhensibles, de tranquillité et de fluidité des visites, les salles du musée ne sont pas sonorisées et donc ne proposent pas d’entendre le très riche patrimoine musical militaire français.
Des éditeurs commercialisent des enregistrements d’orchestres, ainsi que de chorales, militaires et civils. Ils étaient en vente depuis des années dans la boutique du musée. Ils ont disparu des présentoirs. Le nouveau prestataire en charge de l’espace commercial n’accorde plus de place à la musique, pourtant les CD n’occupent pas beaucoup d’espace et se vendent.
Il est toujours possible de vérifier et d’interroger la boutique :
N° de téléphone : +33 (0)1 44 42 41 02
Courriel : invalides@arteum.com 

vendredi 1 décembre 2017

Chants des poilus par le Chœur Montjoie, tome 2

En cette année de commémoration de la 1re Guerre mondiale, le Chœur Montjoie édite un 2e opus de chansons consacrées à ce conflit. Et il y a matière, à l’époque la TSF n’existant pas encore, la chanson restait un moyen essentiel de divertissement, et les poilus avaient le temps pour tenter de concurrencer les chansonniers. Création de la troupe, on les retrouve dans les cahiers des soldats et les journaux de tranchées, mais elles sont rarement passées à la postérité. La mémoire a préféré les compositions des professionnels, plus séduisantes qu’authentiques. Comme pour le précédent CD paru en 2007, la sélection proposée aujourd’hui par le chœur fournit des chansons issues de ces divers répertoires, ainsi qu’un aperçu de chansons étrangères (allemandes, anglaises, russes, portugaise ou belge). Elle tient compte aussi de la longue mémoire de la troupe puisqu’un répertoire est constitué de strates héritées des campagnes et événements antérieurs. Voilà pourquoi l’on peut entendre L’Artilleur de Metz, Les Allobroges ou le Chœur des Girondins. Quelques textes de grands chefs (Galliéni, Pétain, Foch), un de Péguy, le traditionnel Cri des chars ou un Ave Maria sur un air peu courant, parmi des chants militaires traditionnels connus ou à découvrir font de cet enregistrement un CD original, interprété par des choristes qui ont une réelle pratique de la chanson de soldat. Préfacé par le général Caquelard et agréablement présenté, le livret donne toutes les paroles et l’historique des titres. Indispensable, comme tous les titres du Chœur !




Chantsdes poilus et autres refrains de la Grande Guerre, tome 2, SDCMSD, CDP2, 69mn, 20€.

lundi 23 octobre 2017

Sandra Ansanay-Alex commande la musique des transmissions

La musique des Transmissions, à Rennes, a un nouveau chef en la personne de Sandra Ansanay-Alex. Petit événement pour la grande muette : il s'agit de la première femme à accéder à un tel poste dans l'armée française.


Elle n'est là que depuis quelques jours. Mais dans son grand bureau du quartier militaire Lyautey, à Rennes, Sandra Ansanay-Alex est déjà comme un poisson dans l'eau. La pression d'être la première femme chef de musique dans l'armée française semble glisser sur elle. Du haut de ses presque 45 ans, celle qui vous raconte son histoire d'un air espiègle donne l'impression d'avoir vécu plusieurs vies. Un sourire quasi permanent illumine un visage très fin. Il révèle sans doute le caractère d'une femme bien décidée à profiter de tous les instants.

Concours et médailles


Originaire de Haute-Savoie, Sandra Ansanay-Alex n'avait pas de prédisposition pour la musique. Père mécano, belle-mère faisant des ménages, « je ne viens pas d'un milieu culturel », confie celle qui occupe désormais le grade de chef de musique de 1r e classe aux Transmissions, l'équivalent de capitaine. Elle mettra un pied à l'école de musique enfant. Elle ne la quittera plus. Et enchaînera les conservatoires, comme les prix et les médailles : Annecy, Lyon, Paris, Genève... tout en obtenant un DUT en organisation et gestion de production. Son instrument de prédilection est le hautbois mais elle joue aussi du basson et de la contrebasse à corde. L'armée n'était pas forcément inscrite dans ses gènes. Mais à la fin des années 90, elle rentre dans l'infanterie en tant que volontaire militaire féminin. « Cela me donnait un métier et me permettait de continuer à payer mes études », explique celle qui intègre l'orchestre du 22e BI (bataillon d'infanterie).

160 sauts en parachute


C'est en 2006 qu'elle se décide à passer le concours de chef de musique dans l'armée. « Quand on commence à jouer d'un instrument, on ne se dit pas que l'on veut plus tard diriger un orchestre. J'ai été poussée par mon chef pour passer le concours ». Elle a déjà été formée par de grands maîtres, comme Roger Boutry, son mentor. « L'un des rares hommes à avoir composé des musiques savantes pour orchestre d'harmonie ». Sa première affectation en tant qu'adjointe : la musique des parachutistes, à Toulouse. Les fameux bérets rouges. Rien n'oblige alors Sandra Ansanay-Alex à sauter en parachute. Mais elle sait que pour se faire respecter, il faut montrer l'exemple. Elle a donc sauté à six reprises pour obtenir son brevet. « Le premier saut, j'ai eu peur », concède-t-elle sans se départir de son sourire. Aujourd'hui, la chef de musique en compte 160 à son actif ! Après un passage à la musique des troupes de Marine à Satory (Yvelines), la voilà donc en charge du commandement de la musique des Transmissions, qu'on appelle aussi « Musique de Rennes ». 54 militaires, dont douze femmes, et une civile sont sous ses ordres. Leur mission : assurer les passations de commandements, les cérémonies, les protocoles pour la zone de Défense Ouest. Mais aussi proposer des concerts ou des parades, et pas seulement de musique militaire. Grande particularité de la musique des Transmissions, elle compte deux cornemuses et deux bombardes. « Cela donne une touche de bagad mais on est très loin de rivaliser. Nous ne sommes pas un orchestre d'instruments celtiques », prévient-elle.

Kawa et tango mais pas de cuisine


Être la première femme à accéder à ce poste prouve, selon elle, qu'il n'y a pas de plafond de verre. « Après, j'ai été confrontée, comme les autres, à la misogynie, au machisme. On doit plus faire nos preuves. Mais l'armée offre plus de possibilités que dans le civil ». Désormais en Bretagne, elle souhaite mettre à profit son expérience pour rapprocher les Transmissions des professeurs de musique de collège. « Pour que les enfants chantent et qu'on les accompagne ». Sandra Ansanay-Alex, dont le compositeur fétiche est Gustave Malher, veut aussi créer plus de liens avec les étudiants du conservatoire régional de Rennes. Et si son temps personnel le permet, elle continuera à enfourcher sa Kawasaki Z pour aller faire de l'équitation ou du tango argentin. Mais pas de cuisine. « Car je ne sais même pas cuire un oeuf », rit celle qui manie pourtant la baguette avec dextérité.
Source Le Télégramme

lundi 9 octobre 2017

Partitions en Petit-Format

Agnès Bidard apprécie les partitions au point de les sélectionner et de les commercialiser. Son site très fonctionnel, Le Temps des chansons, permet d’accéder à plus de 32000 partitions remarquablement présentées. Un moteur de recherche ouvre sur des découvertes thématiques.
Le petit-format s’est développé avec l’ouverture des cafés-concerts à partir de 1848 et la généralisation de l’apprentissage de la lecture pour disparaître après la 2e Guerre mondiale. Des quantités de partitions suivant l’évolution de la chanson parisienne, puisque Paris donnait le ton en la matière.
Les thématiques sur les soldats et les militaires donnent de nombreux résultats.


mardi 29 août 2017

La Marche de la 4

Le chant militaire est un répertoire de tradition orale, c'est-à-dire transmis à l’imitation. Ainsi certains chants ne figurent dans aucun recueil ni aucun enregistrement, même s’ils ont pu être connus et chantés. La « Marche de la 4 » a cette particularité. Elle a été créée par les paras de la 4e compagnie du 3e régiment de parachutistes coloniaux en 1954. Ses paroles sont dans un polycopié de l'époque et elles figurent surtout dans le livre du général Bigeard, Pour une parcelle de gloire (Plon, 1975), page 313. C’est même le seul chant mentionné, ce qui indique son importance aux yeux de l’auteur. Il avait été écrit par les lieutenants Pellabon et Grillot. 
Le chant avait disparu du répertoire et c’est tout l’intérêt des travaux des anciens du chœur régional UNP-Centre d’entretenir et de promouvoir le patrimoine chanté des troupes aéroportées.
Hubert Penault, ancien du 3e RPC en Algérie (février 1959 à mars 1961) chante d'un seul jet ce très beau chant de la 4e Compagnie. Dans la première version, le refrain commence ainsi : "Paras Bigeard". C'est devenu ensuite : "Paras du 3".
On notera que l'air est original, contrairement aux usages de l’époque qui reprenaient souvent des airs de chants allemands. C'est probablement la raison pour laquelle il avait disparu, il est un peu plus difficile à chanter.
Donc un chant à faire revivre.


samedi 5 août 2017

L'authenticité des batteries napoléoniennes dans la Revue Napoléon




Le n°26 paraîtra fin août avec, au sommaire :

- L’éphéméride de septembre à novembre 2017
- La demeure fantôme de Sainte-Hélène (Gautier Lamy)
- L’amiral russe qui résista à Napoléon (Natalia Griffon de Pleineville)
- la révolte symbolique de la Wartburg (Philippe Lamarque)
- L’authenticité des batteries napoléoniennes (Thierry Bouzard)
- Le service au marli rouge de l’Empereur (Alexandre de Bothuri)
- Napoléon et les mathématiques (Philippe Lamarque)
- Le parcours d’un républicain : le général Guillaume de Vaudoncourt (Laurent Nagy)

Le Tambour-major par Emmanuel Grosvalet


Tambour-major depuis 2012, Emmanuel Grosvalet est un passionné du tambour. Dès sa prime jeunesse, il participait déjà au grand défilé du Bicentenaire sur les Champs-Elysées, événement fondateur de l’association des Tambours 89 qui fait tant pour la promotion de l’instrument.
S’inscrivant dans la lignée de ses illustres prédécesseurs que sont Robert Goute, Gabriel Defrance, Alexandre Raynaud, Joly qui donne les signaux du tambour-major en 1860, Marguery qui les donne en 1833, mais aussi de Bombelles avec la grande partition de 1754, Grosvalet présente un historique du tambour-major français. Il a bien raison, car son rôle, comme celui du tambour, s’est considérablement réduit au siècle dernier. Il présente aussi les autres instruments de la céleustique militaire (trompette, clairon et sifflet). Son ouvrage est accompagné d’un DVD de 1h30 pour ceux qui préfèrent ce mode de présentation.
Si ce travail s’appuie sur une sérieuse pratique de l’instrument, il aurait mérité autant de recherches historiques pour clarifier quelques imprécisions (date de création du grade de TM, légende de la sonnerie Aux morts US appelée TAP, erreur de Kastner évoquant un « Marguery père », soi-disant auteur de la partition de 1754). La céleustique reste un domaine encore largement inexploré et c’est tout l’intérêt des travaux de Grosvalet, et aussi ceux récents de Froidure, pour soulever un pan du voile qui cache encore cette histoire du tambour d’ordonnance français, une histoire aussi prestigieuse qu’injustement oubliée.
Un chapitre est consacré à la batterie-fanfare, à juste titre puisque c’est au tambour-major qu’incombe la direction de cette phalange quand les instrumentistes d’ordonnance sont regroupés avec les musiciens. Elle illustre néanmoins le déclin des instrumentistes d’ordonnance qui ont quasiment disparu de l’armée, remplacés par des musiciens dans les cérémonies et rarement par des soldats spécialement formés, quand un chef de corps se précoccupe de traditions.
Le tambour-major a eu un rôle essentiel dans la transmission des ordres, occulté par les fastes déjà décadents de l’Empire et la virtuosité des tambours du XIXe siècle. Les archives les plus complètes sur le sujet ont été réunies par le duc de Guise. Il avait en projet un livre d’or des tambours-majors français qu’il faudra bien un jour publier, Emmanuel Grosvalet en a l'étoffe.
Le Tambour-major, Emmanuel Grosvalet, auto-édition, 2017, 148 pages, avec DVD.