lundi 23 octobre 2017

Sandra Ansanay-Alex commande la musique des transmissions

La musique des Transmissions, à Rennes, a un nouveau chef en la personne de Sandra Ansanay-Alex. Petit événement pour la grande muette : il s'agit de la première femme à accéder à un tel poste dans l'armée française.


Elle n'est là que depuis quelques jours. Mais dans son grand bureau du quartier militaire Lyautey, à Rennes, Sandra Ansanay-Alex est déjà comme un poisson dans l'eau. La pression d'être la première femme chef de musique dans l'armée française semble glisser sur elle. Du haut de ses presque 45 ans, celle qui vous raconte son histoire d'un air espiègle donne l'impression d'avoir vécu plusieurs vies. Un sourire quasi permanent illumine un visage très fin. Il révèle sans doute le caractère d'une femme bien décidée à profiter de tous les instants.

Concours et médailles


Originaire de Haute-Savoie, Sandra Ansanay-Alex n'avait pas de prédisposition pour la musique. Père mécano, belle-mère faisant des ménages, « je ne viens pas d'un milieu culturel », confie celle qui occupe désormais le grade de chef de musique de 1r e classe aux Transmissions, l'équivalent de capitaine. Elle mettra un pied à l'école de musique enfant. Elle ne la quittera plus. Et enchaînera les conservatoires, comme les prix et les médailles : Annecy, Lyon, Paris, Genève... tout en obtenant un DUT en organisation et gestion de production. Son instrument de prédilection est le hautbois mais elle joue aussi du basson et de la contrebasse à corde. L'armée n'était pas forcément inscrite dans ses gènes. Mais à la fin des années 90, elle rentre dans l'infanterie en tant que volontaire militaire féminin. « Cela me donnait un métier et me permettait de continuer à payer mes études », explique celle qui intègre l'orchestre du 22e BI (bataillon d'infanterie).

160 sauts en parachute


C'est en 2006 qu'elle se décide à passer le concours de chef de musique dans l'armée. « Quand on commence à jouer d'un instrument, on ne se dit pas que l'on veut plus tard diriger un orchestre. J'ai été poussée par mon chef pour passer le concours ». Elle a déjà été formée par de grands maîtres, comme Roger Boutry, son mentor. « L'un des rares hommes à avoir composé des musiques savantes pour orchestre d'harmonie ». Sa première affectation en tant qu'adjointe : la musique des parachutistes, à Toulouse. Les fameux bérets rouges. Rien n'oblige alors Sandra Ansanay-Alex à sauter en parachute. Mais elle sait que pour se faire respecter, il faut montrer l'exemple. Elle a donc sauté à six reprises pour obtenir son brevet. « Le premier saut, j'ai eu peur », concède-t-elle sans se départir de son sourire. Aujourd'hui, la chef de musique en compte 160 à son actif ! Après un passage à la musique des troupes de Marine à Satory (Yvelines), la voilà donc en charge du commandement de la musique des Transmissions, qu'on appelle aussi « Musique de Rennes ». 54 militaires, dont douze femmes, et une civile sont sous ses ordres. Leur mission : assurer les passations de commandements, les cérémonies, les protocoles pour la zone de Défense Ouest. Mais aussi proposer des concerts ou des parades, et pas seulement de musique militaire. Grande particularité de la musique des Transmissions, elle compte deux cornemuses et deux bombardes. « Cela donne une touche de bagad mais on est très loin de rivaliser. Nous ne sommes pas un orchestre d'instruments celtiques », prévient-elle.

Kawa et tango mais pas de cuisine


Être la première femme à accéder à ce poste prouve, selon elle, qu'il n'y a pas de plafond de verre. « Après, j'ai été confrontée, comme les autres, à la misogynie, au machisme. On doit plus faire nos preuves. Mais l'armée offre plus de possibilités que dans le civil ». Désormais en Bretagne, elle souhaite mettre à profit son expérience pour rapprocher les Transmissions des professeurs de musique de collège. « Pour que les enfants chantent et qu'on les accompagne ». Sandra Ansanay-Alex, dont le compositeur fétiche est Gustave Malher, veut aussi créer plus de liens avec les étudiants du conservatoire régional de Rennes. Et si son temps personnel le permet, elle continuera à enfourcher sa Kawasaki Z pour aller faire de l'équitation ou du tango argentin. Mais pas de cuisine. « Car je ne sais même pas cuire un oeuf », rit celle qui manie pourtant la baguette avec dextérité.
Source Le Télégramme

lundi 9 octobre 2017

Partitions en Petit-Format

Agnès Bidard apprécie les partitions au point de les sélectionner et de les commercialiser. Son site très fonctionnel, Le Temps des chansons, permet d’accéder à plus de 32000 partitions remarquablement présentées. Un moteur de recherche ouvre sur des découvertes thématiques.
Le petit-format s’est développé avec l’ouverture des cafés-concerts à partir de 1848 et la généralisation de l’apprentissage de la lecture pour disparaître après la 2e Guerre mondiale. Des quantités de partitions suivant l’évolution de la chanson parisienne, puisque Paris donnait le ton en la matière.
Les thématiques sur les soldats et les militaires donnent de nombreux résultats.


mardi 29 août 2017

La Marche de la 4

Le chant militaire est un répertoire de tradition orale, c'est-à-dire transmis à l’imitation. Ainsi certains chants ne figurent dans aucun recueil ni aucun enregistrement, même s’ils ont pu être connus et chantés. La « Marche de la 4 » a cette particularité. Elle a été créée par les paras de la 4e compagnie du 3e régiment de parachutistes coloniaux en 1954. Ses paroles sont dans un polycopié de l'époque et elles figurent surtout dans le livre du général Bigeard, Pour une parcelle de gloire (Plon, 1975), page 313. C’est même le seul chant mentionné, ce qui indique son importance aux yeux de l’auteur. Il avait été écrit par les lieutenants Pellabon et Grillot. 
Le chant avait disparu du répertoire et c’est tout l’intérêt des travaux des anciens du chœur régional UNP-Centre d’entretenir et de promouvoir le patrimoine chanté des troupes aéroportées.
Hubert Penault, ancien du 3e RPC en Algérie (février 1959 à mars 1961) chante d'un seul jet ce très beau chant de la 4e Compagnie. Dans la première version, le refrain commence ainsi : "Paras Bigeard". C'est devenu ensuite : "Paras du 3".
On notera que l'air est original, contrairement aux usages de l’époque qui reprenaient souvent des airs de chants allemands. C'est probablement la raison pour laquelle il avait disparu, il est un peu plus difficile à chanter.
Donc un chant à faire revivre.


samedi 5 août 2017

L'authenticité des batteries napoléoniennes dans la Revue Napoléon




Le n°26 paraîtra fin août avec, au sommaire :

- L’éphéméride de septembre à novembre 2017
- La demeure fantôme de Sainte-Hélène (Gautier Lamy)
- L’amiral russe qui résista à Napoléon (Natalia Griffon de Pleineville)
- la révolte symbolique de la Wartburg (Philippe Lamarque)
- L’authenticité des batteries napoléoniennes (Thierry Bouzard)
- Le service au marli rouge de l’Empereur (Alexandre de Bothuri)
- Napoléon et les mathématiques (Philippe Lamarque)
- Le parcours d’un républicain : le général Guillaume de Vaudoncourt (Laurent Nagy)

Le Tambour-major par Emmanuel Grosvalet


Tambour-major depuis 2012, Emmanuel Grosvalet est un passionné du tambour. Dès sa prime jeunesse, il participait déjà au grand défilé du Bicentenaire sur les Champs-Elysées, événement fondateur de l’association des Tambours 89 qui fait tant pour la promotion de l’instrument.
S’inscrivant dans la lignée de ses illustres prédécesseurs que sont Robert Goute, Gabriel Defrance, Alexandre Raynaud, Joly qui donne les signaux du tambour-major en 1860, Marguery qui les donne en 1833, mais aussi de Bombelles avec la grande partition de 1754, Grosvalet présente un historique du tambour-major français. Il a bien raison, car son rôle, comme celui du tambour, s’est considérablement réduit au siècle dernier. Il présente aussi les autres instruments de la céleustique militaire (trompette, clairon et sifflet). Son ouvrage est accompagné d’un DVD de 1h30 pour ceux qui préfèrent ce mode de présentation.
Si ce travail s’appuie sur une sérieuse pratique de l’instrument, il aurait mérité autant de recherches historiques pour clarifier quelques imprécisions (date de création du grade de TM, légende de la sonnerie Aux morts US appelée TAP, erreur de Kastner évoquant un « Marguery père », soi-disant auteur de la partition de 1754). La céleustique reste un domaine encore largement inexploré et c’est tout l’intérêt des travaux de Grosvalet, et aussi ceux récents de Froidure, pour soulever un pan du voile qui cache encore cette histoire du tambour d’ordonnance français, une histoire aussi prestigieuse qu’injustement oubliée.
Un chapitre est consacré à la batterie-fanfare, à juste titre puisque c’est au tambour-major qu’incombe la direction de cette phalange quand les instrumentistes d’ordonnance sont regroupés avec les musiciens. Elle illustre néanmoins le déclin des instrumentistes d’ordonnance qui ont quasiment disparu de l’armée, remplacés par des musiciens dans les cérémonies et rarement par des soldats spécialement formés, quand un chef de corps se précoccupe de traditions.
Le tambour-major a eu un rôle essentiel dans la transmission des ordres, occulté par les fastes déjà décadents de l’Empire et la virtuosité des tambours du XIXe siècle. Les archives les plus complètes sur le sujet ont été réunies par le duc de Guise. Il avait en projet un livre d’or des tambours-majors français qu’il faudra bien un jour publier, Emmanuel Grosvalet en a l'étoffe.
Le Tambour-major, Emmanuel Grosvalet, auto-édition, 2017, 148 pages, avec DVD.


samedi 17 juin 2017

Le Tambour français par Jean-Michel Froidure

Beaucoup de choses très intéressantes dans cette histoire du tambour. L’auteur a été tambour à la Musique de la police nationale, c’est donc un praticien de l’instrument. Il en présente l’histoire et les usages. Si l’instrument est très simple, son histoire est complexe. Ce n’est pas un instrument d’orchestre, il est utilisé dans les armées et malgré ce contexte, les sources sont assez rares et disparates.
Froidure fait remonter sa chronologie à 1,5 million d’années. On trouve aussi des recherches sur les tambours dans les anciennes armées européennes aux contacts des soldats musulmans, avec un inventaire des sources disponibles. A l’époque historique, François Ier, l’Orchésographie, Mersenne, Philidor sont mentionnés.
Certaines sources consultées sont originales, comme les archives notariales. Il fournit des listes de noms de tambours du XVIIIe. Il procède à des inventaires : tambours distingués pendant la période révolutionnaire, représentations du tambour de ville, tambour dans la littérature, des caisses disponibles dans les musées et la liste des estampilles d’anciens facteurs de caisses. Il cite des tambours du 19e et du 20e, mais pas de tambours-majors de l’Empire ou de l’Ancien Régime.
Une étude est consacrée aux onomatopées des roulements de tambour dans la chanson populaire.
Les partitions françaises des batteries d’ordonnance sont évoquées à partir de celle de 1754. Les onomatopées et leurs significations sont explicitées. Le rôle de Gourdin dans l’apparition des batteries napoléoniennes est évoqué. Froidure fournit une importante documentation iconographique.
L’auteur ne souligne pas l’influence suisse pour l’introduction du tambour dans l’armée de Louis XI au camp du Pont-de-L’Arche. De même l’ordonnance de François Ier de 1534 qui solde des tambours et des fifres dans les nouvelles légions n’est pas mentionnée. Les explications des batteries sont données à partir de l’ordonnance de 1884. Une étude des marches figurant dans les méthodes de tambour du 19e est bienvenue. Le détail du fonctionnement des batteries repose sur le Dictionnaire de Bardin, une source fiable, mais les sources antérieures ne sont pas évoquées.

Froidure est confronté à la confusion ordinaire entre musique d’ordonnance et musique d’harmonie. Dans l’armée, le tambour est-il réellement un instrument de musique ? Quand il exécute des signaux, il ne joue pas de musique. Pendant des siècles, sont rôle principal a été de transmettre des ordres. C’est la raison pour laquelle, le terme de céleustique employé par le général Bardin a été récemment repris.
On peut regretter que l’auteur n’étudie pas les partitions anciennes du tambour d’ordonnance français (Tabourot et son Orchésographie, Mersenne et les « batteries du tambour François », Philidor et son manuscrit). Il ne donne pas les raisons de la publication de l’Instruction de 1754 et reprend l’erreur de Kastner qui ne l’attribue pas à de Bombelles. Il est dommage de ne pas avoir consulté les sources, connues du général Bardin et réactualisées déjà en 2001[1], comme de reprendre l’ordonnance pour tambours de la Garde impériale du 1er empire citée par Kastner, mais jamais encore localisée, si elle a existé.
Froidure conteste l’origine des batteries napoléoniennes et le rôle de Gourdin est abordé et cite Antoine Pinchot [il écrit Pinchaux], qui remettait en doute l’authenticité de ces batteries est cité.
Une bonne introduction sur ce sujet qui reste largement méconnu.
Le Tambour français, Jean-Michel Froidure, éd Delatour, 2016, 316 pages. ICI



[1] https://ahrf.revues.org/386

jeudi 15 juin 2017

Rock à la Garde républicaine

La musique de la Garde républicaine a donné une prestation originale lors de l’ouverture du match France-Angleterre, mardi dernier au Stade de France. Le chef Jean-Michel Mekil a interprété Don’t Look Back in Anger d’Oasis. Interprétée à la guitare électrique, la chanson en hommage aux victimes de l’attentat de Manchester comptabilise plus de 2,5 millions de vues depuis sa mise en ligne.


samedi 22 avril 2017

Présentez BALAIS !


Les terroristes tuent la population et les policiers, mais les Français qui veulent commémorer les combats contre les envahisseurs se voient interdire d’utiliser des armes démilitarisées.
L'association Le Poilu de la Marne existe depuis vingt-cinq ans et célèbre tous les ans depuis quinze ans la bataille des Eparges, dont c’était cette année le 102e anniversaire.
En uniformes d’époque, les reconstitueurs du 106e régiment d'infanterie de Châlons-sur-Marne sont invités aux cérémonies. Sauf que cette années avec les mesures de sécurité nationales, les armes « même neutralisées et/ou factices » ont été interdites. 

« Cette mesure, nous ne l’avons pas comprise et elle nous a vexés, car elle traduit un manque de confiance », estime Maxime Baschirotto, secrétaire de l'association. Les membres du « Poilu de la Marne » ont donc décidé le jour J de marquer le coup, « en s’armant du seul matériel autorisé : des balais », écrivent-ils sur leur page Facebook.

Incapable d’assurer la sécurité publique — le policier tué sur les Champs-Elysées jeudi 20 avril était la 248e victime des terroristes musulmans en France depuis 2015 —, le gouvernement en est réduit à désarmer de pacifiques reconstitueurs.